Silence on vaccine ou silence on fait peur au monde? Le risque d’infarctus du myocarde diminue 2 ans après la vaccination contre le pneumocoque.
fév 20

Historique

Le 28 février 1998 le Dr AJ Wakefield, un gastroentérologue, et son équipe publiait dans une prestigieuse revue médicale les résultats de ses recherches sur une série d’enfants qui présentaient une maladie chronique de l’intestin, nommée l’entérocolite chronique et des problèmes de régression de leurs comportements.

Il s’agit d’un groupe de 12 enfants âgés de 3 à 10 ans (âge moyen de 6 ans)  qui avaient été référés  en gastroentérologie pour des problèmes de diarrhée et de douleurs abdominales. Ces enfants avaient aussi présenté une perte de leurs habilités développementales déjà acquises, incluant le langage.

Après investigation, on a noté que le début des symptômes comportementaux était associé, selon les parents, à l’administration du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons pour 8 des ces enfants, y compris une rougeole pour un enfant et une otite moyenne pour un autre. Tous les 12 enfants avaient des anomalies intestinales variant d’hyperplasie lymphoïde nodulaire à des ulcérations. Des échantillons histologiques avaient montré des plaques d’inflammation chronique dans le gros intestin de 11 enfants et de l’hyperplasie  lymphoïde chez  7 enfants mais aucun granulome. Les problèmes de comportement incluaient l’autisme chez 9 enfants, une psychose (1) et une possible encéphalite virale ou post vaccinale. Aucune anomalie neurologique n’avait été détectée et les tests de résonance magnétique  et d’électroencéphalographie étaient normaux.

Le Dr Wakefield concluait que la maladie gastro-intestinale et les régressions développementales, chez un groupe d’enfants auparavant normaux, étaient associés dans le temps avec un possible déclencheur environnemental comme par exemple l’administration du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (MMR ou RRO).

Le 23 février 2002, « The Lancet » publiait un éditorial disant que le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons était sécuritaire et qu’il n’y avait aucune preuve scientifique suggérant que le vaccin RRO puisse causer une maladie de l’intestin ou de l’autisme. De plus, le professeur John Walker-Smith, un des auteurs principaux de l’article original avec le Dr Wakefield, sortait de son silence pour dire qu’il jugeait le vaccin RRO sécuritaire et recommandait son utilisation. Il demandait aussi une étude indépendante pour préciser les causes des maladies intestinales et développementales observées dans ce petit groupe de patients.

Études et controverses.

Il s’en suivit une controverse dans plusieurs pays et plusieurs parents inquiets  décidèrent de refuser que leur enfant reçoive le vaccin contre la rougeole. Par conséquent, une diminution de la couverture vaccinale contre la rougeole dans plusieurs pays fut observée. Par exemple, en Angleterre, la couverture vaccinale contre la rougeole est passée de plus de 90% en 1998 à moins de 80% en 2008. Les cas d’infection par le virus de la rougeole passèrent de 50 en 1998 à plus de 1300 en 2008 dont 3 décès pour cette seule année.

Dans le but de répondre à l’inquiétude de la population et de vérifier les hypothèses du Dr Wakefield, plusieurs études cherchant à trouver une relation possible entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme furent entreprises dans le monde.

Une de ces études, menée par le professeur John O’Leary a été publiée dans la revue  Molecular Biology. Lors de cette étude, on a retrouvé des fragments du génome du virus de la rougeole chez 75 enfants dans un groupe de 91 enfants avec des maladies hyperplasiques lymphonodulaires de l’intestin, une entérocolite ou des troubles de l’apprentissage comparé à 5 chez un groupe contrôle de 70 enfants. Mais, le plus important, est que cette recherche n’appuie pas l’hypothèse du lien entre le vaccin RRO ou MMR car il ne refermait aucun donnée concernant la séquence génétique spécifique aux virus contenus dans le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.

Une autre étude menée au Royaume-Uni de 1979 à 1992 avec 498 enfants autistiques a montré que bien que les cas d’autismes augmentaient selon l’année de naissance, aucune augmentation n’a été reliée à l’année d’introduction du vaccin contre la rougeole sur le marché, soit en 1987. De plus, il n’y a pas eu d’augmentation des cas d’autismes dans les groupes d’enfants vaccinés ou non vaccinés avec le RRO ou le MMR, et ce même si on augmentait la période d’observation ou l’on considérait la deuxième dose de RRO ou MMR. Il n’y avait pas plus d’enfants vaccinés dans le groupe des enfants autistiques.

Toujours au Royaume-Uni, Des chercheurs ont fouillés la base de données du« General Practice Research » pour plus de 3 millions personnes-années. Ils n’ont noté une augmentation des cas d’autisme malgré une stabilité du taux de vaccination contre la rougeole.

Lors d’une autre étude en Californie, des chercheurs ont trouvé que   les taux d’incidence de l’autisme n’étaient pas corrélés aux taux de vaccination contre la rougeole.

Au Canada, des chercheurs ont estimé la prévalence des troubles d’apprentissage chez 27 749 enfants dans 55 écoles. L’augmentation des taux d’autisme était corrélé avec une diminution des taux de couverture vaccinale contre la rougeole.

En Angleterre des chercheurs ont étudié 262 enfants autistiques et démontré que la date à laquelle les parents avaient commencé à noter des problèmes de troubles d’apprentissage était la même pour les enfants vaccinés et les enfants non vaccinés contre la rougeole. Aussi, aucune association entre les symptômes  intestinaux et l’autisme n’a été observée.

À Londres, lors  de l’analyse d’un groupe de 473 enfants autistiques on a utilisé le fait que le vaccin avait été introduit en 1987 pour comparer deux groupes d’enfants, ceux vaccinés et ceux non vaccinés contre la rougeole. Aucune différence n’a été observée dans les 2 cohortes quant à l’incidence des retards de développement. Le fait d’être vacciné ou non contre la rougeole n’augmentait pas le risque d’être autistique. De  plus, les enfants autistiques vaccinés n’avaient pas plus de symptômes intestinaux que les enfants autistiques non vaccinés.

Quatre études rétrospectives ont aussi tenté d’élucider la relation entre le vaccin contre la rougeole et l’autisme.

Au Royaume-Uni, 71 enfants autistiques vaccinés ont été comparés à un groupe de 284 enfants vaccinés non autistiques. Les auteurs on conclu qu’il n’y avait pas plus de  consultation pour autisme pendant les 6 mois suivant la vaccination avec le RRO. Ceci suggère que l’autisme n’est pas temporellement relié à la vaccination contre la rougeole.

En Finlande, en utilisant les registres nationaux, les chercheurs on relié les données d’hospitalisation aux données de vaccination pour 535 544 enfants vaccinés entre 1982 et 1986. Parmi les 309 enfants hospitalisés pour autisme, aucune relation temporelle avec le fait d’avoir été vacciné contre la rougeole n’a été mise en évidence.

Au Danemark, toujours en utilisant les registres nationaux de 537 303 enfants nés entre 1991 et 1998, les auteurs n’ont remarqué aucune différence entre le risque d’être autistique dans le groupe des enfants vaccinés et celui des enfants non vaccinés. Parmi les enfants autistiques aucune relation entre la date de vaccination et  l’autisme n’a été observée.

À Atlanta, les chercheurs ont comparé 624 enfants autistiques avec un groupe contrôle de 1824 enfants. Les auteurs n’ont pas réussi à mettre en évidence de différence entre les dates de vaccination dans le groupe des enfants autistiques et non autistiques. Ceci suggère que l’exposition précoce au vaccin contre la rougeole n’était pas un facteur de risque pour l’autisme.

En Finlande, les chercheurs ont mené 2 études prospectives. Ils ont identifié 31 cas de symptômes intestinaux suite à une vaccination contre la rougeole entre 1982 et 1996. Aucun de ces enfants n’a développé d’autisme. Une seconde analyse de cette cohorte n’a montré aucun cas d’autisme relié à la vaccination parmi un groupe de 1.8 million d’enfants.

Plusieurs études ont été systématiquement revues par des comités indépendants, tels que ceux de l’Organisation mondiale de la santé, le Medical Research Council du Royaume-Uni et le Comité canadien en immunisation. Deux rapports de l’Institut de médecine aux États-Unis émis en 2001 et en 2004 ont définitivement conclu qu’il n’y avait pas de lien entre l’autisme et le vaccin contre la rougeole.

Des chercheurs dans le monde, parmi lesquels figurent les Drs Fombonne, Ward et De Souza de Montréal, ont également tenté de reproduire en vain les résultats biologiques obtenus par le Dr Wakefield, qui affirmait avoir retrouvé des virus de la rougeole, voire des bouts d’ARN du virus, dans les biopsies intestinales et le sang de huit enfants autistes. «Comme par hasard, il est le seul à avoir trouvé cela», rapporte le Dr Fombonne. «Étrangement, il a perdu les anticorps qu’il a utilisés pour identifier ces particules virales», ajoute le Dr Ward. Il est clair que le Dr Wakefield et ses collègues, qui sont accusés de mauvaise conduite professionnelle grave par le General Medical Council du Royaume-Uni (Collège des médecins) «n’ont pas fait preuve de rigueur scientifique», déclare le Dr Ward.

De plus, «il a violé les règles élémentaires de l’éthique médicale» notamment pour ne pas avoir révélé qu’ils avaient reçu un soutien financier des parents des enfants participant à l’étude, qui espéraient poursuivre les fabricants de vaccins, ajoute le Dr Fombonne, qui rappelle par ailleurs l’effet extrêmement négatif qu’a eu la publication du Dr Wakefield sur la santé publique.

Une enquête publiée dans le Sunday Times affirmait récemment que le Dr Wakefield avait manipulé les données. Suite à l’examen des dossiers médicaux des  patients , on s’était aperçu que contrairement à ce qui avait été dit, 7 des huits enfants chez qui il avait rapporté des troubles d’apprentissage avait déjà consulté pour des symptômes avant leur vaccination contre la rougeole. Des pathologistes de l’hôpital qui ont revu les prélèvements que le Dr Wakefield avait faits, ont conclu que dans la majorité des cas les prélèvements étaient normaux, contrairement aux affirmations du dr Wakefield à l’époque. D’autres ont même affirmé que le Dr Wakefield

En 2004, la proportion d’enfants vaccinés contre le RRO a grandement diminué en Angleterre, n’atteignant plus que 81 %.En Irlande, où il n’y avait plus que 74 % des enfants qui étaient vaccinés, 110 ont été admis à l’hôpital dans un état critique et trois sont morts». Les faits c’est que même en 2007, 197 000 personnes dans le monde sont mortes à cause de la rougeole, soit 540 décès par jour ou encore 22 décès à l’heure alors qu’il existe un vaccin contre la rougeole sécuritaire et efficace.

Les opposants à la vaccination existeront toujours. Il s’agit d’une controverse émotive sans aucune base scientifique crédible. Plusieurs des opposants à la vaccination en profitent pour exploiter la vulnérabilité des victimes de l’autisme. En fait, ils font souvent exactement ce qu’ils reprochent à la médecine traditionnelle et aux compagnies pharmaceutiques: soit d’être biaisés et de manipuler l’opinion des personnes victimes de l’autisme à leurs    buts personnels.  D’autres encore, en ont profité pour faire un film tel que « Silence on vaccine ».

En février 2009, la cour fédérale des États-Unis a rejeté 3 demandes de familles qui voulaient être indemnisées car leur enfant avait été victime d’autisme suite ;a la vaccination. Le motif du rejet était principalement basé sur le manque de crédibilité des témoins des demandeurs.

L’autisme est un drame, non seulement pour les familles éprouvées mais pour toute la société. Combien de millions de dollars devront être encore dépensés avant que nous puissions investir dans la recherche des vraies causes de cette terrible maladie et enfin étudier tous les traitements possibles. Combien d’enfants dans le monde devront payer de leur vie, la manipulation de certaines personnes sans scrupules. En 2007 seulement, 197 000 personnes dans le monde sont mortes à cause de la rougeole, soit 540 décès par jour ou encore 22 décès à l’heure (ou une aux 3 minutes) alors qu’il existe un vaccin contre la rougeole sécuritaire et efficace. Alors la question qu’il faut répondre  n’est pas » le vaccin contre la rougeole est-il sécuritaire? » mais « combien de personnes sont mortes de la rougeole pendant que les chercheurs cherchaient à rassurer la population ou encore pendant que vous lisiez cet article? ».  Pour trop de personnes une goutte de doute vaut plus qu’un océan de certitude et les études scientifiques se valent toutes. Il est temps que chacun analyse les faits et se fasse sa propre idée. C’est le prix à payer pour arrêter d’être victime des manipulateurs et pouvoir aider les gens à lutter contre ces terribles maladies que sont non seulement l’autisme mais aussi la rougeole.

Sources: The Sunday Times

The Lancet

Vaccine

written by Michel \\ tags:


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